Rencontre avec… Samba Traore, informaticien à l’Institution Saint Denis.

« Ce que j’aime par-dessus tout, c’est trouver LA solution. Comprendre pourquoi ça ne marche pas… et même, j’adore quand ça ne marche pas, parce que je sais que je vais devoir trouver la solution. C’est ça, ma passion. »

 

“Arrivé à l’Institution Saint Denis… le premier jour du Covid. Enfin arrivé…. arrivé, installé… et aussitôt confiné. Je me souviens avoir demandé à mon responsable : Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce qu’il va se passer ?
Et là, il me répond : Tout le monde est confiné, on ferme l’établissement… mais pour toi, c’est là que le gros challenge commence.

Créer du lien informatique entre l’école et les familles, à distance, dans l’urgence, sans connaître personne, était un véritable baptême du feu. À la fin de cette période, on est venu me voir pour me dire : Franchement Samba, on ne pensait pas que tu resterais après ça.
Et pourtant… j’ai tenu. Et j’ai géré. »

Il sourit.
Il s’en souvient encore très bien.

« J’ai découvert l’école d’une manière complètement différente. Je ne connaissais personne, et j’ai dû créer du lien… sans voir personne. »

Quand il arrive, Samba est technicien. Et il se forme, encore et toujours. Parce que l’informatique évolue vite. Très vite.

« Je n’ai pas le choix. Je dois toujours proposer le meilleur, le plus récent. »

Licence en poche depuis 2011, il n’a jamais cessé d’évoluer.
Arrivé en France sans connaître le marché du travail, il refuse de rester dans son coin.

« Je me suis inscrit au CNAM de Lyon. J’y ai découvert le métier de concepteur architecte réseau… et là, ça a été une révélation. J’ai trouvé une passion à laquelle j’allais confier ma vie. D’ailleurs ici, c’est la maison pour moi. Ma mission aujourd’hui, c’est de faire évoluer le réseau pour proposer le meilleur à tous. »

Il rit.
“Linuxien convaincu… mais revenons à Saint Denis 😉”

« Trop simple, la mécanique évidemment. »

Éclat de rire.

« En fait, c’est presque pareil. Je suis passionné de voitures. Si je ne suis pas derrière un ordinateur, je suis forcément sous le capot. »

Il se penche, plus sérieux.

« Ce que j’aime par-dessus tout, c’est trouver LA solution. Comprendre pourquoi ça ne marche pas… et même, j’adore quand ça ne marche pas, parce que je sais que je vais devoir trouver la solution. C’est ça, ma passion. »

Donc en fait, tu es un peu l’agent 007 de l’Institution Saint Denis ?
Éclat de rire.

« En tout cas, l’école peut dormir tranquille. S’il y a une panne, un bug… je suis là. »

Il réfléchit. Longuement.

« La crypto. Clairement. Je me bats au quotidien pour que ça n’arrive jamais. Je me sens responsable des données de chaque personne qui entre dans cet établissement. »

Dans l’ombre, sans bruit.

« Toutes les semaines, je cherche les solutions les plus pointues pour que ça n’arrive jamais.
Pour moi, l’informatique, c’est de la technique invisible. Et les données… c’est mon bébé. »

Il soupire… puis sourit.

« Oh là là… j’en ai tellement. Il faut savoir qu’au quotidien, on m’appelle pour des missions d’une importance capitale. Encore hier, un professeur m’appelle en panique : Le réseau ne fonctionne plus ! Comme toujours, je prends la demande très au sérieux. » Rire. « J’arrive… et par magie, je trouve le câble qui n’était pas branché. »

Éclat de rire.

« Clairement, la plupart du temps, les demandes sont improbables. Souvent, c’est un oubli, une manipulation simple… mais peu importe. J’ai aidé, et ça, ça n’a pas de prix. Bon, tout de même… quand je retourne dans mon bureau, j’en ris. »

Petite anecdote bonus :

« Florence Lodovici est la reine pour ça. »
Clin d’œil.
« Dès que j’arrive dans son bureau, étonnamment… tout remarche tout seul. Et ça l’énerve ! »

Éclat de rire immédiat.

« Évidemment… sans wifi ! »

Il souffle. Surpris. Presque ému.

« Je ne sais pas répondre à cette question… »

Silence.

« Je suis content de mettre en place de nouvelles choses, de trouver des solutions, mais… est-ce que je suis fier ? Tu crois que je peux être fier ? »

(On ne le dira pas, mais on a aperçu une petite larme au coin de l’œil.)

Il reprend.

« J’ai quitté le Sénégal pour venir en France. J’ai tout fait pour obtenir une licence, un travail. Je ne me satisferai jamais du peu. Je veux toujours être au meilleur niveau pour aider les autres. »

Il réfléchit.

« Être au service des autres. Cette année, j’ai mené un projet pendant quatre mois pour former les enseignants à l’utilisation d’un logiciel. Me tenir devant eux, au début, c’était effrayant.
Mais les voir l’adopter, l’utiliser au quotidien… oui, c’est ça, ma fierté. »

« Une mise à jour bonheur. Mission bienveillance, et tout le monde se réveille avec le sourire.»

« J’ai une mission personnelle : tous les matins, je passe voir chacun de mes collègues avec un sourire pour les checker. C’est presque un TOC, mais une journée ne commence jamais autrement.»

Il rit.

« Jbvjbzvnbsdvjknbz. »

Pardon ?

(Il parle plus fort.)

« DU C++ ! »

Ah… évidemment.
Merci Samba.

(Puisque c’est évident, on sait tous qu’il s’agit d’un langage de programmation informatique, évidemment. )

« Mode distraction détecté. Activation du protocole : “Allez, on bosse un peu.” »

Merci Samba pour ce moment très drôle !

« Déjà ? Je commençais à y prendre goût ! »